Critique CD : Kathleen Edwards
Rédacteur en chef du Voir Ottawa-Gatineau et du Ottawa XPress, Guillaume Moffet vous donne rendez-vous à rubytfo.tv tous les vendredis, pour une dose hebdomadaire de critiques musicales. Parfait pour les oreilles en quête de nouveautés!
Kathleen Edwards
Voyageur
(MapleMusic Recordings)
Parution: 17 janvier 2011
Cote: 7 Ruby sur 10
L’an dernier, quand Bon Iver (projet de Justin Vernon, qui a connu un succès fulgurant avec son premier album For Emma, Forever Ago) faisait la promotion de son homonyme et seconde parution, Vernon ne tarissait d’éloges à l’endroit de sa nouvelle copine, Kathleen Edwards. Immanquablement, dans la presse internationale, le nom de l’Ottavienne était affublé d’un quelconque laconique portrait, pour la plupart évoquant son genre de prédilection, l’alt-country.
Pour Edwards, cette étiquette pesait lourd sur ses frêles épaules d’auteure-compositrice. Il s’agit là du moteur créatif dans lequel la plupart des chansons de Voyageur ont évolué, alors que les sonorités s’éloignent de la slide guitare pour permettre à Edwards d’entrelacer ses complaintes de claviers rêveurs et de rythmiques sautillantes.
Inutile, par ailleurs, de parler de réinvention, puisque la plume d’Edwards rappelle toujours celle de Lucinda Williams – en plus heureuse – et, par moments, de l’iconique Bon Dylan. Par exemple, son premier simple Change The Sheets s’articule autour d’un motif très simple, mais vaporeux, qui permet à la créatrice de laisser papillonner sa mélodicité et pondre de l’une de ses plus jolies pièces en carrière.
Seul hic – et il y en a un – c’est qu’Edwards sonne parfois à côté de ses pompes, généralement lorsque elle s’aventure un peu trop loin de ses sentiers déjà parcourus, comme sur la fade Mint, qui sonne comme un vieux b-side de Sheryl Crow de l’époque The Globe Sessions, avec son refrain en deux temps et ses références à Dieu : «God knows I want to / God doesn’t know you», chante-t-elle avant de se commettre dans des shalalalas plutôt mièvres.
Reste que, au final, on ne peut que saluer la hardiesse de ce Voyageur, qui zigzague constamment entre le surplace des cœurs brisés et l’optimisme que l’on attribue souvent aux road trips, à ses nouveaux départs si déterminants.