Critique CD : Tennis
Rédacteur en chef du Voir Ottawa-Gatineau et du Ottawa XPress, Guillaume Moffet vous donne rendez-vous à rubytfo.tv tous les vendredis, pour une dose hebdomadaire de critiques musicales. Parfait pour les oreilles en quête de nouveautés!
Tennis
Young & Old
(Fat Possum)
Cote: 7 Ruby sur 10
L'an dernier, à pareille date, les chansons de Cape Dory, premier album du duo mari et femme américain Tennis, mettaient du baume sur nos coeurs privés de soleil. Telle une limonade par un après-midi de canicule, ces pièces aux mélodies sucrées et souriantes ont justifié le buzz créé sur le net en amont de la sortie de ce premier album.
Puis, on s'est vite lassé de ce Cape Dory. Si la prémisse de départ (des chansons comme un album souvenir d'un voyage initiatique à bort d'un yacht de type ''Cape Dory'') et le tween-pop de jour à la plage ont ravi rapidement nos coeurs, les pièces se sont révélées négligeables et légères comme de la barbe-à-papa. Du coup, lorsque les beaux jours d'avril sont arrivés, Cape Dory et ses créateurs Patrick Riley et Alaina Moore avait été digéré depuis longtemps.
Sur ce deuxième album, le duo fait appel à Patrick Carney, batteur au sein des Black Keys, pour assurer la réalisation, conférant un tonus auparavant absent de la pop saturée de réverbération de Tennis. Ainsi, les pièces comme Origins, avec son clavier tordu, et My Better Self, avec ses handclaps imposants, donnent le coup d'envoi à ce Young & Old et suggère une évolution évidente.
Moins aériennes, plus ancrées, les mélodies sont toujours interprétées par Moore avec cette désinvolture très fifties fort charmante. Au fil des 10 pièces de l'opus, il appert clair que les intentions musicales de Tennis relèvent désormais du 21ème siècle, ce qui leur va à ravir. Oui, l'ensemble rappelle toujours un Cults, autre duo américain, qui a connu un franc succès l'an dernier avec des chansons et une esthétique semblables à celles de Tennis, mais l'album offre
Un fort accompli album pop dans le sens classique du terme: une recherche mélodique soignée, des chansons-velcro qui se colleront à vos neurones pendant des jours, mais toujours cet esprit de recherche musicale qui éloigne la musique de Tennis à des lieues de la pop radiophonique des Pitbull et Black Eyed Peas.